Mánē et les tours

C’est un autre Finistère, la fin du Péloponnèse, la fin de l’Europe. En face c’est la Lybie, l’Afrique, d’autres voyages. Aujourd’hui nous trichons et prenons le bus. Nous voulons voir ce que l’on raconte sur ces villages sans eau où les familles se détestaient tellement qu’elles se tiraient dessus depuis leurs tours privées. On vient ici pour voir le décor de l’histoire. Il y a ces montagnes si hautes que les quelques nuages s’y enroulent. À leur pied il y a un grand plateau qui meurt en quelques langues dans l’outremer. Sous le vert pale des oliviers, quelques chèvres et des figuiers. Les villages de tours émergent ici et là.

Dans ces Manhattans du XVIème siècle, on assurait sa propre sécurité : envers l’extérieur tout d’abord, avec les pirates qui fréquentaient les côtes, puis intérieur avec les clans qui se livrèrent pendant des siècles des vendettas répétées. La Corse sans les mandarines. En résulte une architecture de tours très dense. Pourquoi habiter ensemble si on ne met pas en commun ne serait ce que la sécurité ? Ces villages sont aujourd’hui inhabité, inhabitable : l’eau est introuvable, la terre aride, l’activité inexistante. On habite en bord de mer, l’été.

La forme de ces tours est pourtant séduisante, économe en sol, marque le paysage, évoque la verticale des montagnes. C’est le soleil, le vent et surtout la pierre qui dicte tout : la voute du plafond, les petites ouvertures, les escaliers en porte à faux. Les toits sont rarement utilisés pour y prendre le frais. On pense aux dessins d’André Ravereau dans la vallée du Mzab, là bas de l’autre coté de la mer, en Algérie, là où il fait aussi chaud.

Geographie

Les monts du Péloponnèse
Les tours en ruine de Vathia

100% caillasse

By |2017-03-09T19:22:25+00:0027/08/2016|Le Paysage Européen|Commentaires fermés sur Mánē et les tours